RDC : le GAFI retire le pays de sa liste grise après la réalisation de 23 actions de réforme

La République démocratique du Congo sort de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) après avoir achevé les 23 actions de son plan de réformes.
Annoncée le 30 octobre 2026 par le ministère des Finances, cette décision marque une étape importante dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, avec des retombées attendues sur la confiance des investisseurs et les relations financières internationales du pays.
23 actions réalisées
Selon le communiqué du ministère des Finances, le retrait de la RDC de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée consacre l’achèvement des 23 actions prévues dans le plan convenu avec le GAFI.
Ces réformes visaient à renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Le ministère attribue cette avancée à l’engagement du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et du gouvernement, ainsi qu’à la mobilisation des administrations publiques, des autorités de contrôle et de supervision, des services d’enquête et de poursuite pénales et des acteurs du secteur privé.
Parmi les institutions mobilisées figurent notamment la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) et la Banque centrale du Congo (BCC).
Des résultats chiffrés entre 2022 et 2025Le bilan présenté par le ministère des Finances fait état d’environ 540 contrôles sur pièces et sur place réalisés par les autorités de contrôle et de supervision.
Dans le domaine des enquêtes financières et des poursuites judiciaires, 246 enquêtes ont été menées et environ 100 poursuites judiciaires engagées.
Le communiqué mentionne également 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle, pour un montant total estimé à 46,75 millions de dollars américains.
Ces résultats s’inscrivent dans les efforts déployés pour améliorer le cadre juridique et réglementaire, renforcer la supervision fondée sur les risques et accroître les capacités opérationnelles des institutions concernées.
Des retombées économiques attenduesPour le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, cette décision constitue une étape majeure pour l’intégrité du système financier et la crédibilité internationale de la RDC.
La sortie de la liste grise devrait notamment contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers, à consolider les relations de correspondance bancaire et à faciliter les paiements transfrontaliers ainsi que les échanges commerciaux internationaux.Le gouvernement espère également que cette évolution favorisera les investissements dans des secteurs stratégiques tels que les mines, l’énergie, l’industrie et les infrastructures.
Toutefois, ces retombées ne sont pas automatiques. Leur concrétisation dépendra notamment de la poursuite des réformes, du renforcement de l’intégrité du système financier et de l’amélioration du climat des affaires.
Le défi de préserver les acquisLe ministre des Finances a salué la contribution du Secrétariat du GAFI, du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), du Groupe anti-blanchiment de l’Afrique orientale et australe (ESAAMLG), ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Il a également félicité la Première ministre, les autorités de contrôle et de supervision, les experts gouvernementaux et les services d’enquête et de poursuite pour leur collaboration dans la mise en œuvre du plan d’actions.
Après cette sortie de la liste grise, l’enjeu pour la RDC sera de maintenir les progrès accomplis et de garantir l’application durable des mesures engagées afin de consolider la crédibilité de son système financier.
Mohamed Betembi



